De nouvelles avancées dans la lutte contre les frelons asiatiques et le papillon des palmiers !

Chez les insectes, mâles et femelles se reconnaissent et se rencontrent de différentes manières :

 Ils peuvent repérer leur partenaire à leur forme, leur couleur, la lumière qu’ils ou elles émettent (comme les vers luisants). Par l’écoute des bruits qu’ils ou elles produisent (comme les grillons, les cigales ou les criquets). Ou plus fréquemment, par l’odeur qu’ils diffusent pour attirer leur chacune ou chacun.

 C’est sur ce dernier sens que les chercheurs travaillent principalement car malgré la complexité il est possible de fabriquer chimiquement ces odeurs. Ainsi, vous attirez l’insecte dans un piège… tel une araignée dans sa toile.

Ces derniers mois deux études ont été publiées par les chercheurs qui changeront la vie de nos jardins. Commençons par la dernière :

Des chercheurs de l’université de Tours associés à des chercheurs chinois ont identifiés la phéromone sexuelle produite par les femelles de frelon asiatique (Vespa velutina nigrithorax). Elle attire les mâles de cette espèce au moment de la reproduction.

Ce frelon, si vous ne le connaissez déjà, est un prédateur destructif des abeilles de nos ruches dont le thorax sert à nourrir les futures reines de frelons. Il suffirait de produire synthétiquement cette phéromone, de s’en servir de leurre olfactif dans des pièges pour capturer des mâles à la saison des amours et ainsi limiter les populations de frelons. De ce fait, les pièges artisanaux, utilisés aujourd’hui et très destructifs pour de nombreuses espèces utiles (chrysopes, abeilles…) deviendraient plus sélectifs et plus efficaces.

La deuxième découverte, concerne le papillon du palmier : Paysandisia archon ,

Elle est le fruit du travail de chercheurs de l’INRAE de Versailles. Paysandisia archon est un papillon de nuit qui vole le jour ce qui est déjà assez original. Chez les papillons de nuit, habituellement, comme il fait noir, la femelle attire bien souvent les mâles par son odeur. Ce n’est pas du tout ce qu’il se passe chez ce destructeur de palmier. En effet, Monsieur Paysandisia frotte ses pattes médianes sur les supports où il se pose. Sa belle attirée par l’odeur tourne autour du support et est très vite prise en chasse par le Don Juan. Ils se retrouvent dans des buissons, se reproduisent puis la femelle est attirée par l’odeur émise par le palmier et ira alors pondre au sommet du stipe. Il est donc compliqué et même contre-productif d’utiliser des pièges à odeurs classiques contre ce papillon puisque la rencontre est visuelle et olfactive…

Les recherches s’orientent dorénavant sur les odeurs fabriquées par le palmier lui-même qui , synthétisées pourraient attirer les femelles vers d’autres végétaux sur lesquels elles ne pourraient pas pondre ses œufs.

Du nouveau contre la pyrale du buis (Cydalima perspectalis) !

Un Scoop ! L’INRAE d’Antibes qui travaille sur la lutte biologique aurait trouvé un prédateur des œufs et des larves de la pyrales du buis…!

Malheureusement, l’étude n’a pas encore été publiée et le nom de notre sauveur n’a pas été dévoilé. Pour l’instant, il s’appelle POL, ressemble à Dark Vador ! On sait qu’il consomme des œufs et des chenilles de pyrales, et qu’il est commercialisé … Son usage sera un peu onéreux, on le saupoudre sur les buis, et c’est la larve qui mange les pyrales. Enfin, il semble qu’il ait besoin aussi de fleurs pour survivre et d’un abri en hiver… Les paris sont donc ouverts : larves de chrysopes, d’Orius ou de Macrolophus ? ou autres ? Nous en saurons plus en mai-juin… Jusque-là, que la force soit avec nous !